Créer mon blog M'identifier

Retourner sur la première page du blog

Mon petit

Le 28 octobre 2013, 09:14 dans Humeurs 0

Mon petit

Publié le 28 octobre 2013

iphone ema oct 2012 521

J’étais toute belle ce jour là pour aller chercher mon petit à l’école ! Je sortais d’un rendez vous professionnel important, et c’était de toute manière une journée importante puisque mon poussin allait passer son brevet de natation…

Cela faisait des semaines qu’il en parlait, nous avions du le repousser une fois car à la date prévue, un orage s’était abattu sur la piscine et les dégâts avaient été tels qu’elle avait fermé pensant trois semaines…

Mais là c’est le jour J;  les affaires sont prêtes, le gouter ultra vitaminé, l’appareil photo ultra pixélisé, la maman ultra excitée…

Je suis là devant la porte de l’école à attendre la merveille des merveilles quand soudain je le vois apparaître. L’amour de ma vie. La chair de ma chair, mon dieu vivant. Il est enfin là devant mes yeux…Le nez explosé, le visage ensanglanté… Mon cœur s’arrête de battre, je me sens partir loin, je voyage un une seconde dans le pays de la douleur et du chagrin. Je ne sais pas ce qu’il a mais je souffre déjà pour lui. Je sais ce que vous pensez, ce n’est pas possible. Mais si, pour une mère c’est possible.

Et là de femme je deviens Louve, je deviens Tigre, je sors mes griffes avant de bondir sur la seule responsable à mes yeux : son institutrice. Cette mauvaise femme à qui je confie la prunelle de mes yeux et qui ne l’a pas protégée…

Soutenue par le regard horrifié de toutes les autres mères présentes, je me sens galvanisée, j’ai l’impression d’être le porte drapeau en haut des barricades !

Je fonce et je hurle :

« Mais enfin pourquoi ne m’avez vous pas prévenue ?

-       Mais ce n’est rien du tout !

-       Rien du tout ! Vous plaisantez ? Je vais vous exploser le nez vous allez voir si ce n’est rien du tout, et en plus il devait passer son brevet de natation !

-       Et bien comme ça avec l’eau il va cicatriser plus vite !

-       Pars à la retraite espèce de vieille conne Pfff, n’importe quoi ».

Je prends mon fils et je pars, vite, très vite. J’ai juste envie de pleurer. Je trouve son attitude lamentable, mais je m’écrase, je ne veux pas faire de vague, je ne veux pas que ça retombe sur lui, il paraît qu’ils sont comme ça les instis, rancuniers. Je n’ai pas voulu prendre le risque de tester cette caractéristique, même si je pense qu’au fond c’est une idée reçue. C’est vrai, après tout, avant j’étais instit aussi et je ne suis pas rancunière. Ah mais si au fait, à mort… Elle va prendre cher la vieille.

Mon petit ne dit rien, il ne se plaint pas, il est juste déçu parce que son brevet est annulé pour la seconde fois. Je le trouve tellement courageux. A chaque fois que je le regarde dans le rétroviseur, j’ai envie de fondre en larmes. Je lutte.

A la maison nous retrouvons mon super-heros-de-mari, rentré plus tôt pour le brevet.

Je suis heureuse de le retrouver mon héros, il va s’occuper de nettoyer la plaie (bien sûr cela n’a pas été fait à l’école elle va prendre cher la vieille), je ne supporte pas la vue du sang, surtout celui de mon petit.

Finalement, tous trois à l’abri de notre cocon et voyant mon fils aller plutôt bien, ma colère s’apaise, et les larmes me montent un peu moins à la vue de son visage abîmé.

Mais au moment de passer à table, il lâche la phrase qui tue, celle qui fait que nous décidons de tout laisser en plan et de partir vite, très vite… « Maman, j’ai envie de vomir ».

Comme il a été poussé par un petit con alors qu’il était si sagement debout sur un muret, et qu’il est tombé sur la tête, nous pensons tout de suite au trauma crânien (rien de moins !) et partons en direction des urgences pédiatriques.

Après les formalités d’admission (je vous passe les détails et l’attente, c’est un vendredi soir 20H l’hôpital joue à guichets fermés), nous sommes reçus par une infirmière qui semble faire passer un interrogatoire à mon fils sur les conditions de l’accident.

Même si au fond de moi je comprends ses questions, je me sens agressée dans mon cœur de maman d’être suspectée de la sorte. Malheureusement il y a des monstres de pseudo parents qui font subir de tels sévices à leurs enfants et les soignants n’ont plus le choix.

Elle nous dirige ensuite vers un interne qui se trouve dans une salle sur la porte de laquelle est écrit :

« Salle de sutures »…

Je pense que je vais m’évanouir.

Je pense que je ne vais pas tenir le coup.

Je pense que je vais réclamer l’anesthésie générale ou l’internement. POUR MOI.

Je pense que je vais lui piquer l’aiguille et me recoudre moi même, pourquoi pas la bouche pour m’empêcher de hurler ?

Mais au lieu de penser je fais le choix d’agir et de prendre sur moi, pour lui.

Me voila tout sourire à plaisanter avec l’interne (est il assez compétent ?…), mais cela doit sonner si faux que mon super-héros-de-mari prend la main et gère la situation. Il prend aussi la main de mon petit bonhomme qui a davantage besoin à ce moment là du réconfort de son papa que de sa maman complètement flippée…

Le médecin inspecte, pose des questions, lave la plaie, mais rien.

Ni suture, ni trauma, nous sommes libres de rentrer chez nous.

Je suis joie, je suis euphorie, je suis reconnaissance éternelle. J’ai envie d’embrasser l’interne et de chanter dans les couloirs. Mais nous ne sommes pas au «Grey Sloan Memorial Hospital »… Alors je me dirige tranquillement vers la sortie.

Nous sommes tous trois sur le chemin de la maison, apaisés, mais épuisés de cette soirée forte en émotions et très riche en stress ; quand soudain nous entendons une petite voix à l’arrière de la voiture :

« Merci Papa, Maman, j’ai adoré cette soirée aux urgences »…

Les enfants sont formidables!

 

 

 

 

Related

Maintenant, je suis sa préférée...

Le 18 octobre 2013, 14:30 dans Humeurs 0

Je la regarde ma chère amie et je la trouve bien changée.

Nous nous connaissons depuis si longtemps maintenant, nous avons tant partagé toutes les deux.

Elle devait avoir 24, 25 ans quand je l’ai rencontrée.

Elle était si jolie, mais elle ne le savait pas.

Avec du recul je pense même que ce manque de confiance ajoutait à son charme. Elle n’était pas de ces pétasses superficielles. Elle n’a jamais été de celles qui passent la journée à se regarder le nombril.

Non. Elle au contraire, était plutôt du genre à fuir son reflet.

Ses deux ennemis jurés étant le miroir et le pèse personne.

Même si j’aurais tendance à ajouter que son pire ennemi, finalement c’était elle même.

Au début de notre rencontre, nous passions beaucoup de temps ensemble, puis elle a commencé à avoir des doutes.

Sur son poids bien sûr, cela a toujours été le point de départ de tous ses problèmes (ou la conséquence qui sait ? c’est l’œuf ou la poule ???), puis sur elle en général. Une sorte de mal être incontrôlé et incontrôlable. Ce poids comme bouclier, ce poids comme carapace, ce poids comme alibi, ce poids qui augmentait, mais surtout dans sa tête.

Elle m’a mise de côté, sans rompre vraiment totalement, juste de temps en temps un petit « Coucou ! Je pense à toi, je ne peux te voir pour l’instant, à plus tard j’espère ! ».

Je ne l’ai jamais brusquée.

Elle a recommencé à prendre du poids, à mal aller, je l’observais de près de loin, sous toutes mes coutures, impuissante face à son désarroi.

Quand elle a eu 30 ans, j’ai vu la chenille se transformer en papillon.

Elle a rencontré son grand amour, celui qui l’aimait sans arrière pensée, sans retenue, sans a priori, juste comme elle était. Juste pour qui elle était.

C’était la première fois de sa vie qu’elle se sentait vraiment belle.

Elle m’a à nouveau laissée entrer dans son quotidien, nous étions ensemble pour le week end, les vacances, une époque formidable de bonheur partagé.

Puis sa grossesse, l’arrivée de son enfant l’ont à nouveau éloignée de moi.

Elle est comme ça ma tendre amie, changeante et infidèle, associant la fréquence de nos relations aux résultats de sa balance.

Plus elle prenait du poids, moins elle voulait me voir. Plus elle en perdait, plus elle me recherchait.

Je la regarde aujourd’hui avec beaucoup de tendresse, car je connais les chemins qu’elle a empruntés. Je connais tous les combats qu’elle a menés. Contre la vie, contre la maladie, contre les autres, les faux amants, les faux amis, et puis surtout toujours contre elle même, comme pour leur donner raison.

J’aimerais tellement qu’elle pense enfin à elle.

Elle a 40 ans et je la vois hésiter entre tout abandonner et se détester à tout jamais, ou bien accepter.

Accepter de s’aimer telle qu’elle est. Accepter de se voir enfin comme les autres peuvent la voir. Accepter qu’on puisse parler d’elle avec des mots comme « jolie », « attirante », « fatale », « sexy ». Juste accepter d’être une femme désirée pour devenir une femme désirante.

Je la connais bien ma belle amie, je sais qu’elle commence à emprunter les bons chemins. Je vais enfin pouvoir crier au monde entier : « Maintenant je suis sa préférée ».

Parce que finalement, même si elle n’a pu toujours m’assumer, c’est ce que je suis depuis 15 ans : sa robe noire préférée !

Je garde ton coeur

Le 15 octobre 2013, 08:58 dans Famille 0

Pour la énième fois je viens de regarder « In her shoes », pour la énième fois je termine en larmes. Je connais le film, je connais l’histoire, je connais la fin, mais je pleure.

Je ne peux m’empêcher de penser à ma sœur.

Je n’oublierai jamais la première fois où je l’ai vue.

Je l’attendais tant ce petit bébé. Je ne savais pas encore si j’allais lui prêter mes poupées ou si elles allaient être détruites par des camions, mais je l’aimais déjà tellement.

Ma mère est partie dans la nuit à la maternité et mon père m’a emmenée le matin à l’école en me promettant de venir me chercher dès que le bébé serait né.

J’ai attendu toute la journée. J’ai attendu chaque minute de cette longue journée de Janvier 1982.  J’allais avoir onze ans. Chaque fois que j’entendais la sonnette de la porte d’entrée de l’école, je sentais mon cœur battre de plus belle dans ma poitrine, mais rien, toujours pas de papa.

Ce jour là, fait exceptionnel, moi la championne d’orthographe, j’ai eu 10 fautes à ma dictée.

Comment oublier une telle journée ?

L’école finissait à 16H45, ma sœur est née à 16H40. Mon père n’a pas eu le temps de venir à la sortie, bien sûr. Il est venu plus tard, avec 2 polaroids.

Sur l’une m’a t’il dit, on voit si c’est une fille ou un garçon, tu veux peut être attendre.

Non je ne le voulais plus, je voulais savoir. Et là je l’ai vu mon bébé sœur. J’ai ces deux premières photos gravées à tout jamais dans mon esprit.

Puis lui et moi sommes partis à la maternité et là je l’ai vue pour la première fois ma petite sœur adorée.

Et je l’ai adorée. Follement, éperdument.

Aujourd’hui nos relations sont compliquées, je la vois se chercher, se gâcher et ça me fait mal. Je sais que je suis son roc dans la tempête, mais qu’il faut que je m’éloigne pour qu’elle apprenne à se construire vraiment, sans moi. Je prends me distances pour lui donner de l’élan. Je reprends mes racines pour lui donner des ailes.

Même si c’est difficile pour toutes les deux, je le fais pour elle. Et peut être aussi un peu pour moi.

Elle ne lira jamais ces lignes, car elle ne sait pas que je les écris. Dans la vraie vie, j’aimerais juste qu’elle sache à quel point je l’aime.

Comme dans « In her shoes », j’aimerais terminer par ce merveilleux poème de E.E Cummings, j’espère un jour lui lire, peut être pour son mariage :

J'ai toujours ton coeur avec moi

Je le garde dans mon coeur.

Sans lui, jamais je ne suis.

Là où je vais, tu vas, ma Chère

Et tout ce que je fais par moi-même

Est ton fait, ma Chérie.

Je ne crains pas le destin

Car tu es à jamais le mien, ma Douce

Je ne veux pas d'un autre monde

Car ma Magnifique, tu es mon monde, mon vrai.

C'est le secret profond que nul ne connaît.

C'est la racine de la racine.

Le bourgeon du bourgeon.

Et le ciel du ciel.

D'un arbre appelé vie qui croit plus haut

Que l'âme ne saurait espérer ou l'esprit le cacher

C'est la merveille qui maintient les étoiles éparses.

Je garde ton coeur. Je l'ai dans mon coeur.

 

 

Voir la suite ≫